Mardi 17 novembre 2009

Fabienne RAKITIC

Coordinatrice de la mission Handicap, Université de Strasbourg


Université de Strasbourg : 42000 étudiants suite à fusion des 3 universités

Mission créée en 2009 avec volonté de mettre en place des actions réalistes à court terme. Objectif : accueil des étudiants handicapés (130 recensés 2009), essentiellement des handicaps moteurs (50ne) + troubles psychiques (schizophrénie, angoisses notamment) qui ont désormais accès à l’Université.

Autre mission : s’occuper des collègues handicapés mais aucun recensement réalisé ! Diagnostic va être effectué dans mois à venir.

Partenariats noués dans et hors université, en essayant de créer du lien pour que chacun soit concerné par le handicap

Création de référents handicap dans chaque composante de l’université (UFR, bibliothèques)

Partenariats : réunion d‘une équipe plurielle comprenant médecine préventive, CROUS, enseignants référents, personnel de l’« espace avenir » pour orientation et insertion professionnelle des étudiants handicapés, partenaires extérieurs (entreprises, association d’aides aux jeunes diplômés),…

Nécessité de prendre le temps avec chaque étudiant pour aboutir à un vrai projet d’étude et professionnel. But : que l’étudiant arrivant sur le marché du travail soit choisi pour ses compétences et non par défaut ou pour remplir les quotas de l’entreprise.

Recrutement d’étudiants assistants universitaires en cours

Une politique de communication sera mise en place, avec recherche de mixité des publics au sein de l’université

 

Emmanuelle KRAEMER

Responsable du département Services aux publics, SCD  Université de Strasbourg

Cellule « accueil » créée au sein des 5 bibliothèques principales

 

Diagnostic des pratiques réalisé en 2008-2009 :

population handicapée sur laquelle peu d’informations étaient disponibles à l’université

liste des pratiques existantes : aide personnalisée

recensement des matériels spécifiques, souvent achetés mais aucune communication autour

 Questions pragmatiques sur les accès :

informations qu’une personne en fauteuil souhaiterait trouver (33 bibliothèques du campus sont intégrées à des bâtiments d’enseignement)

taille des portails antivol permettant le passage d’un fauteuil roulant

matériel spécialisé disponible

Les informations sont diffusées via le site internet

 

Quels services proposer ?

si bibliothèque accessible, pas de problème !

quand bibliothèque n’est pas accessible : problème car une bibliothèque thématique de proximité est en lien avec une matière étudiée (exemple : bibliothèque des arts dans Palais universitaire). Le budget travaux n’est pas extensible donc des solutions palliatives sont à trouver.

 

Propositions en cours de validation

mise en place d’un prêt entre bibliothèques (PEB) pour faire venir les documents d’une bibliothèque inaccessible vers une bibliothèque accessible.

souplesse des prêts : les documents pourront être empruntés par une tierce personne pour l’étudiant

allongement de la durée de prêt

prolongation possible des prêts par téléphone

communication autour de ces possibilités !

formation des personnels à l’accueil et au maniement des outils mis à disposition, d’où création d’une dynamique inter-bibliothèques

 

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Mardi 17 novembre 2009

Marylène CHARRIERE

Responsable éditoriale

www.websourd.org & www.visuf.org

 

 

Plusieurs missions de la SCOP créée en 2003 (1/2 effectif est sourd, tout le monde maîtrise la LSF) : traduction en LSF y compris de spectacles, captation d’événements en sténotypie, actions de formation et gestion d’un site internet pour faciliter l’accessibilité aux sourds  + partenariat avec visuf.com

Partenariat avec Université de Toulouse pour des projets de recherche puis diffusion si résultats

 

Plusieurs services sont proposés grâce au multimédia :

possibilité de trouver un interprète sur Internet qui traduit français LSF (Gamme Visio008 pour particuliers et entreprises). A la BM de Toulouse : 2 bornes « Visio guichet » sont installées pour dialoguer en direct avec un interprète LSF

 

avatars signants : la gare de l’est expérimente actuellement le dispositif : les textes dits sont disponibles sous forme écrite sur un écran  + avatar qui traduit en LSF

Site Websourd : écrit et LSF sont disponibles à égalité; les informations en LSF sont ainsi accessibles à tous, y compris les dépêches de l’AFP

 

Edition bilingue français LSF, cf fort taux d’illettrisme chez les sourds, car passage par l’oral impossible lors de l’apprentissage + traumatisme des plus âgés lié à l’emploi de méthodes d’apprentissage peu adaptées. LSF est apprise avant le français, le français étant ensuite une langue « étrangère »

Accessibilité en LSF par DVD proposé avec le livre :

albums aux éditions « les livres mains » : DVD présente le visuel de l’album, la traduction en LSF est obtenue en cliquant sur la page ;

livre pour ados, est organisé comme un film avec une rythmique pour passer à l’écrit français : chaque chapitre est interprété comme à l’écrit (donc utilisable par les déficients visuels), avec voix off, tout est mis en LSF

Les éditeurs adaptés proposent des documents en LSF (Sens des signes), des dictionnaires, des méthodes et logiciels d’apprentissage LSF dont Bébé signe

Remarque : les documents adaptés pour les sourds sont aussi utilisables pour les personnes handicapées mentales car ce sont des documents toujours très visuels

Aucun jeu vidéo en LSF

 

Des personnes sourdes sont embauchées en bibliothèque, notamment pour des animations (contes, spectacles et expositions) mais aussi pour l’accueil (prêts & retours) ou l’accueil de groupes

LSF est amenée à évoluer car l’apprentissage est désormais possible au même titre qu’une  langue étrangère (loi de 2005)

 

Projet : créer une bibliothèque virtuelle entièrement en LSF pour développer le goût de la lecture chez les personnes sourdes

 

Interventions dans salle

Q : LSF est internationale ou traduction du français ?

R : langue des signes différente dans chaque pays mais avec une grammaire semblable car c’est une structure de langue imagière, les mouvements du visage sont aussi similaires

Q :existe-t-il une « culture sourde » ?

R : n’importe qui peut apprendre la LSF, sans être sourd. « Culture des sourds » existe cependant, cf histoire compliquée et langue particulière

Q : durée d’apprentissage de LSF ?

R : variable selon motivation, envie, etc. comme toute langue !

I : supports présentés dans l’exposé sont disponibles au Phare + documents sur LSF et histoire des sourds + documentation sur relation professionnelle avec une personne sourde au sein d’une équipe

I : contes bilingues seront proposés pendant le salon du livre de Colmar par Association Des mains pour le dire

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Mardi 17 novembre 2009

Véronique DOMINGOS

Institut pour Déficients Sensoriels, Le Phare à Illzach

 

Centre créé en mai 2001 sur une ancienne piscine, avec un centre de documentation ouvert à tous : enseignants, éducateurs spécialisés, orthophonistes, parents d’enfants handicapés, personnes handicapées, apprenants LSF et Braille

+ accueil spécifique de groupes, avec mélange de types de handicaps lors des accueils de groupes

 

Offre documentaire : documents spécifiques, méthodes d’apprentissage, albums en LSF, albums tactiles (éditions Les doigts qui rêvent)

On observe une meilleure prise en compte du handicap par les éditeurs, une envie des bibliothèques partenaires d’emprunter des documents adaptés pour les faire connaître auprès de leurs publics, un développement de sites Internet et produits technologiques pour les déficients sensoriels

 

Ludothèque : 2000 jeux adaptés aux différentes déficiences, visites sur rendez-vous, emprunt possible à domicile

 

Ressources peuvent être prêtées aux bibliothèques : documents thématiques, documents adaptés prêtés pour une exposition ou utilisation par des lecteurs. Aide possible à constitution d’une sélection de documents en vue d’une exposition thématique

En retour, le Phare emprunte plusieurs centaines de documents à la Médiathèque départementale du Haut-Rhin pour étoffer ses fonds, cf budget limité

 

Interventions dans salle

Q : existe-t-il une liste d’ouvrages pour personnes handicapées mentales : albums avec illustrations pas trop enfantines ?

R : sélection au centre de beaucoup de documentaires très illustrés, d’albums mais pas d’éditeurs spécialisés. Difficulté : donner le plaisir de l’histoire sans créer de difficultés de compréhension qui les renverrait à leurs problèmes

I : partage intéressant avec structures locales ou éducateurs spécialisés. On pourrait ainsi proposer des titres adaptés lors des animations par exemple

R : éditeur « les mots à l’endroit » pour les enfants ayant difficulté de compréhension, bandes dessinées sans texte pour ceux qui ont des difficultés de lecture

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Mardi 17 novembre 2009
Martine GRAFF

Coordinatrice à l’atelier de jour « atelier Picasso »

Institut médico-éducatif (IME) de Harthouse

 

Atelier de jour = outil d’intégration, lutte contre usure du personnel, participation des résidents à des ateliers extérieurs, accès à citoyenneté. Les résidents sont demandeurs de sorties culturelles et de boums ! Chacun s’inscrit dans les ateliers de son choix, l’animateur ne mettant jamais le résident en difficulté d’un point de vue technique (3 couleurs et non 8 par exemple).

 

On observe une évolution des mentalités au sein de l’institution car l’équipe n’osait pas auparavant aller à l’extérieur avec les résidents. Harthouse : centre créé en 1968 à la campagne pour cacher ces personnes handicapées ; les équipe et patients ont dû ensuite accepter d’aller en ville, de se montrer, voire d’être montrés du doigt. Actuellement logique de sorties entérinée, dont la visite à la médiathèque, cf évolution des mœurs et prise de conscience que les personnes handicapées ont aussi leur place dans la société.

La loi élargit le cadre pour faciliter la reconnaissance des personnes handicapées mais il faut surtout permettre à la personne à sortir des cases et d’être elle-même : la richesse des projets de chacun permet à la personne de trouver du plaisir dans ce qu’elle fait et d’exercer son libre arbitre.

Danger actuel : organiser des actions avec les personnes handicapées simplement pour se donner bonne conscience. Un véritable partenariat doit s’inscrire dans la durée ; il existe souvent des préjugés des deux côtés, à mettre à bas, cf chacun a sa propre histoire.

 

Lien avec des institutions culturelles à Haguenau pour développer des projets. Avec la médiathèque : participation à des expositions sur des thèmes précis ; les résidents créent des œuvres en fonction du thème + participation à l’inauguration + visite des expositions.

Les personnes handicapées mentales sont très cadrées dans l’institution donc il faut mener un travail de préparation en amont de la visite.

 

Accueil à la médiathèque : les résidents sont accueillis par les bibliothécaires en salle, en amont le projet est préparé avec un bibliothécaire référent, des éducateurs accompagnent la sortie. Réciprocité : l’équipe de la médiathèque est allée au centre d’Harthouse pour une action « hors-les-murs ».

Le livre constitue un outil important pour les résidents car ils développent une intelligence sensitive. Ils aiment ou n’aiment pas l’histoire, connaissent ou non les chants, les contes deviennent parfois représentation théâtrale.

Une bibliothèque fonctionne d’ailleurs au centre, avec lecture hebdomadaire de contes et accueil de groupes extérieurs.

Les groupes de résidents qui viennent à la médiathèque apprécient cette visite.

Une formation des équipes de la médiathèque semble intéressante pour accueillir les groupes de personnes handicapées, même si les relations humaines restent fondamentales.

 

Impact de leur fréquentation de la médiathèque : les personnes handicapées sont à traiter comme un égal ; le potentiel de chacun permet la créativité, avec surprise pour les résidents et les équipes qui travaillent avec eux. Le résident peut ainsi s’exprimer, devient véritablement artiste au travers des toiles et objets créer, prenant en main ainsi sa propre vie.

La médiathèque = sortie hors de l’institution. Le résident devient un « client » comme un autre, bien accueilli à la médiathèque, pour des choix de documents ou la participation à des animations, spécifiques ou tout public. Un travail plus en amont est nécessaire quand le résident est acteur d’une exposition avec une sensibilisation des familles au projet.

 

Association « Tôt ou tard » : son but : promouvoir les sorties culturelles à tarifs privilégiés, créer un pôle livres pour développer des partenariats avec les bibliothèques sur Strasbourg, organiser des séances de contes,…

 

Interventions dans salle

Q : Visite à la médiathèque quand elle est fermée ou ouverte aux publics ?

R : ne pas se poser de question sur le meilleur moment d’aller quelque part, seulement suivre les envies

Q : Retour des résidents sur ces visites, avec le grand public ?

R : plutôt contents, cf aucune contrainte pour leur participation aux projets

I : à Illkirch, richesse des échanges entre enfants handicapés et valides, notamment à l’heure du conte

Q : expositions d’arts plastiques sur quels supports ?

R : 7 ou 8 ateliers créatifs (mosaïque, verre, bois, poterie,…) qui déclinent un thème annuel + thèmes ponctuels en fonction des partenariats, sur une vingtaine d’ateliers proposés à Harthouse

I : tous égaux sur nos émotions face aux couleurs, livres, etc.

Q : quel secteur attire les résidents à la médiathèque ?

R : secteur jeunesse d’abord, puis recherche dans les différentes sections selon le thème du moment

I : à Soultz (68)sont organisées des lectures à l’espace jeunesse et des écoutes musicales avec travail des percussions & relaxation à l’espace multimédia ; un autre groupe de handicapés plus légers intègre le groupe lecture de la médiathèque

I : Illkirch : facteur temps indispensable car la visite est souvent plus longue que prévu, cf importance et richesse des échanges

I : AMB : temps indispensable car pratique répétitive des gestes (exemple : tourner une page) chez les trisomiques; patience nécessaire

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Mardi 17 novembre 2009

Jean-Luc PICARD

Service d’Insertion en Milieu Ordinaire de Travail (SIMOT Route Nouvelle Alsace)

 

« Frémissement » pour l’insertion des personnes handicapées dans les fonctions publiques (4,2% avec 195000 personnes), cf article dans Gazette des communes du 5/11/2009

 

Le SIMOT accompagne les projets de personnes en situation de handicaps psychiques, sans déficience intellectuelle, souvent tombées malades au début de l’âge adulte ou à la fin de l’adolescence, donc diplômées. Leurs difficultés fréquentes pour reprendre une activité dans leur secteur d’origine après la thérapie les amènent à travailler dans milieu culturel (cf bagage intellectuel au départ).

200 personnes sont accompagnées dans le Bas-Rhin.

Difficulté principale : handicap psychique invisible ! Or désavantage avéré (cf définition du handicap OMS) : le contexte social crée le préjudice, cf manque d’équipements & relations interpersonnelles difficiles.

 

Volonté d’intégrer et non d’insérer (= inciser pour forcer à faire entrer !) la personne dans une équipe : démarche nécessaire  pour que la personne participe à l’ensemble des activités de la bibliothèque ; une nouvelle organisation peut être à trouver (question de management)

 

Les représentations du handicap évoluent : les personnes étaient abandonnées dans la Grèce antique car perçues comme signe de la colère des dieux ; peur de contagion & diabolisation au Moyen Age ; situation paradoxale aujourd’hui : entre vision des personnes handicapées donc fragiles et vision des personnes handicapées donc dangereuses (d’où exclusion). La personne handicapée est souvent décrite comme « différente », faisant des choses « en moins » d’où relation interpersonnelle d’égalité perturbée

La population classe parfois les handicapés selon ceux qui assument ou non leur handicap, en fonction des efforts faits pour être agréables et s’intégrer. De plus, la société actuelle prône jeunisme, réactivité,…

La bonne volonté ne suffit pas pour bien se positionner envers la personne : un manque d’empathie peut couper la communication avec des personnes handicapées psychiques

 

Outil proposé : la boîte à craintes utilisée avant les départs en stage. Chacun écrit de manière anonyme ses craintes sur des papiers et les dépose dans une boîte à chaussures ; puis la boîte est ouverte et les craintes sont expliquées et désamorcées

Remarque : la même démarche pourrait être faite auprès de l’équipe qui va accueillir le stagiaire

 

Craintes des recruteurs : réaction de l’équipe, risques d’absentéisme de la personne, limites de ses fonctions, aménagements du poste de travail à réaliser (exemple : organisation de journée tenant compte des effets des médicaments, congés réguliers pour éviter l’accumulation de fatigue … et les congés maladie), équipe à informer ou non, réactions du public, évolution de son état de santé ? En fait, on retrouve les mêmes questions que pour tout agent, cf arrêt maladie par exemple

 

Crainte de l’équipe : aide à apporter sans vexer la personne, parler du handicap ou non, travail personnel retardé et conséquences, usagers à prévenir ou non, quelle répercussion sur l’ambiance de l’équipe, …

 

Place des collègues dans l’intégration : la personne en situation de handicap connue ou non par les collègues. En effet la reconnaissance officielle de travailleur handicapé permet accès aux droits, notamment à l’emploi, mais il n’est pas obligatoire de la mentionner pour accéder à l’emploi (frein à l’embauche souvent observé).

 

Travail avec une entreprise : possibilité d’avoir recours à des associations médiatrices type SIMOT pour faciliter l’intégration de la personne handicapée, en mettant par exemple en place un collègue tuteur au sein de l’entreprise. Le dispositif évoluera selon les besoins de l’entreprise et du salarié. L’intervention peut ne pas être connue sur le lieu de travail.

 

Interventions dans salle

Q : Question d’honnêteté (ou non) de dire son handicap à direction et/ou équipe?

R : Question de respect ? chacun fait ce qu’il veut de la reconnaissance de handicap

I : Respect de vie privée de la personne ?

AM BOCK : boîte à craintes à activer + « nous sommes tous d’égale dignité » (Jean-Luc PICARD)

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Mardi 17 novembre 2009

Camille DEGEZ

Chargée de mission pour le handicap

Direction du Livre & de la Lecture, Ministère de la Culture & de la Communication

 

Exception & ses principes

Origine

directive européenne de 2001

soutien aux personnes handicapées comme « priorité nationale » en 2003 par le président Chirac

Exception adoptée en 2006 avec ajout d’une mesure par la France : les éditeurs doivent donner les fichiers numériques

 

Principes

Favoriser l’accès aux œuvres imprimées (livres, presse & partitions) à toutes les catégories de handicaps, par exemple mise à disposition de livres bilingues français LSF

Consultation des œuvres doit rester personnelle

Reproduction & communication libres (= sans autorisation des ayant-droits & gratuitement) sur des supports adaptés, mais uniquement par des personnes morales (associations, archives, bibliothèques, établissements d’enseignement, cf liste des organismes agréés)

Dépôt des fichiers numériques par les éditeurs auprès de la BNF mais forte opposition (peur de piratage notamment)

Remarque : limitation à l’adaptation dans les 2 ans suivant la publication de l’œuvre, cf problème d’archivage car les fichiers sont souvent laissés chez les imprimeurs

 

Décrets

Processus de rédaction long car travail conjoint des ministère de la Culture et ministère des Personnes handicapées, chacun poursuivant des objectifs différents

 

Le décret du 19 décembre 2008 précise le niveau d’incapacité des personnes bénéficiaires (minimum 80%), excluant les dyslexies, dysphasies et tous handicaps reconnus entre 50 et 80%. Un certificat médical d’un ophtalmologiste peut suffire pour prouver des problèmes de vision. La transmission sera restreinte suivant les modalités d’accès à l’œuvre.

Une liste définit deux niveaux d’agrément : adaptation avec ou sans fichier d’origine. Par exemple, les donneurs de voix partent du livre et non du fichier.

A garantir du point de vue de l’éditeur : la sécurité des transferts de fichiers, cf risque de piratage

Une commission paritaire a été créée réunissant 5 représentants des ayant-droits et 5 représentants des différents handicaps

 

Critères de désignation des organismes

Niveau d’agrément avec ou sans fichiers, selon équipe et moyens existant, qualité et nombre de bénéficiaires attendus, capacité à fournir les justificatifs des bénéficiaires

Obligation de fournir le catalogue des ouvrages transcrits et rapport annuel d’activité

Si travail d’après les fichiers numériques : l’organisme doit présenter les moyens de sécurité mis en place (antivirus, pare-feux) & détailler les modes de transmission des fichiers (courriel, clé USB)

 

Etapes

Commission paritaire examine des dossiers d’agréments simples (= sans fichier numérique) depuis septembre 2009, pour développer une jurisprudence

Les fichiers des éditeurs seront récupérés par la plateforme PLATON qui sera mise en place par la BNF vers mars 2010.

Plus d’informations sur www.exception.handicap.culture.gouv.fr

 

Perspectives

On peut s’attendre à un développement de l’édition adaptée, même si le format des fichiers numériques n’est pas précisé. C’est un indéniable facteur de progrès car le processus d’adaptation devient plus simple & plus rapide

Reconnaissance légale et symbolique des adaptateurs, alors qu’auparavant certains adaptations étaient hors la loi

Recensement des ouvrages adaptés dans un catalogue unique nécessaire (bibliothèques, associations)

Stockage des fichiers adaptés à mettre en place, rôle joué actuellement en partie par BrailleNet

Les éditeurs vont devoir réfléchir à l’archivage de leurs fichiers numériques et favoriser le développement du XML. Leur prise de conscience de l’existence d’un marché(cf vieillissement de la population) peut favoriser le développement des livres numériques

On peut s’attendre en bibliothèque à une offre plus large. Il faut cependant mener une réflexion sur le rôle des bibliothèques dans le circuit de l’édition adaptée (exemple : la bibliothèque d’Antony fait de la retranscription en braille). Dans le cadre de services à la personne, certaines bibliothèque scannent déjà des livres pour les agrandir ou les mettre en format numérique.

 

Interventions dans salle

AM BOCK (BDBR): exception au droit d’auteur obtenue grâce à mobilisation intersyndicale ; en Alsace, forte présence de l’association des donneurs de voix (180 audiolecteurs inscrits à Mulhouse empruntant chaque année 3500 titres)

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Mardi 17 novembre 2009

Marc GERMAIN

Architecte-conseil

Direction du Livre & de la Lecture, Ministère de la Culture & de la Communication

 

Ministère accompagnant la loi de 2005 et non pas prescripteur : diagnostic d’accessibilité inscrit dans calendrier avec mesures de mise aux normes pour 2015

 

Corpus réglementaire

code de l’urbanisme

réglementation ERP (= établissement recevant des publics), avec catégories selon nombre de personnes accueillies

réglementation Incendie avec types S (coupe-feu et contraintes spécifiques) pour faciliter la circulation, sécurité et évacuation des personnes en cas d’incendie

 

Intervenants lors du projet

maîtrise d’ouvrage : collectivité, financeurs, usagers

maîtrise d’œuvre : architectes, bureau d’étude

bureau de contrôle pour conformité du projet envers réglementation & sécurité incendie

 

Etapes d’un projet

Esquisse

Avant-projet sommaire puis définitif qui permet le dépôt du permis de construire

Note spécifique sur l’accessibilité handicapés pour protection des personnes (évacuation en cas d’incendie)

 

Réflexions sur accessibilité

Signalétique à ne pas négliger

aménagement, mobilier,…

Savoir-faire cependant en cours d’apprentissage, même dans les grands projets

Confort visuel et équilibre à trouver entre « respiration » des lieux et densification de l’offre documentaire présentée en salle : limiter par exemple la hauteur des rayonnages à 1,30m et respecter des circulations de 1,50m

Remarque : obligation sur la banque d’accueil mais pas pour les rayonnages (alors accompagnement possible voire indispensable de la personne dans son butinage)

 

Diagnostic de l’existant

Accessibilité à mettre en œuvre pour 2015

Bilan de l’existant à mener puis rédaction de scénarii tenant compte des contraintes budgétaires

Quid des escaliers et semi-niveaux dans certains bâtiments anciens? Comment parvenir à accessibilité totale ? faut-il y parvenir ou trouver des niveaux d’accessibilité ?

 

Interventions dans salle

Magalie RISSER (SCD Strasbourg et formatrice ABF): sécurité incendie pourtant inadaptée, cf passage de 0,60m demandé or il ne permet pas le passage d’un fauteuil !

Marc GERMAIN : procédure très codifiée, impossible à comprendre pour les non-initiés. Dans pays anglo-saxons, démarche cherche plus la performance que le respect de la norme

Q : comment adapter un bâtiment classé ?

Marc GERMAIN : difficile et coût parfois prohibitif

Christian MEISTERMANN (commission classement de handicap) :

Diagnostic obligatoire pour 1/01/2011 avec plan pluri-annuel de mise en conformité pour 2015

Services de l’Etat peuvent donner dérogations

Priorité souvent donnée à accessibilité pour personnes en fauteuil ; on privilégie l’entrée à la sortie ; mise en place d’une réglementation GEN8 pour limiter la présence de personnes handicapées par niveau (cf évacuation)

Nécessité de procéder par étapes, en organisant par exemple des expositions ou réunions dans des salles accessibles, en installant une sonnette pour obtenir de l’aide si la rampe est plus courte et plus difficile à utiliser,…

Diagnostic réalisé par des personnes extérieures formées

Loi sur l’accessibilité (handicap moteur) de 1975 mais sans contrôle d’où problèmes aujourd’hui

Q Illkirch : quelle formation pour les équipes qui accueillent des personnes handicapées ?

Camille DEGEZ :

Nombreux stages organisés en intra au sein des collectivités (plusieurs services sont alors mélangés), par le CNFPT, pour une bibliothèque (intervenant : mission lecture et handicap de BPI)

Echanges de pratiques et d’expériences dans le cadre du réseau Alphabib (BPI) pour faciliter les solutions locales + journées d’étude thématiques + journées de rencontres + wiki en cours de refonte

AM BOCK (BDBR) : guide et bibliographie édités pour cette journée à consulter ; Agenda 21 dans le Bas-Rhin avec organisation de journées de formation pour les bibliothécaires du réseau ; guide édité par BDP Sarthe ; journée d’étude sur ce thème à BDP Moselle en octobre…

Janou NEVEUX (Médiathèque Malraux) : signalétique parfois mal adaptée, y compris dans projets récents ; il pourrait être intéressant de proposer un parcours de visites de bibliothèques où la signalétique bien étudiée ; mesures faciles à prendre : titres en typo lisible, cotes des documents en gros caractères, titres en braille,…

Marc GERMAIN : BM de Toulouse a réfléchi sur la signalétique ; ailleurs souvent improvisation complète, sans cahier des charges pour création graphique et mise en œuvre, avec budget inconséquent… Résultat : signalétique souvent improvisée sur feuilles A4 pour l’ouverture d’où sentiment que projet de médiathèque n’est pas abouti

AM BOCK (BDBR) : densité documentaire souvent « obsessionnelle » chez les collègues, à combattre ; visibilité extérieure et intérieure de la bibliothèque indispensables, y compris dans petites communes !

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Mardi 17 novembre 2009

Camille DEGEZ

Chargée de mission pour le handicap

Direction du Livre & de la Lecture (DLL), Ministère de la Culture & de la Communication

 

Missions de la DLL en faveur des personnes handicapées :

Subventions à projets d’édition innovants

Soutien à diffusion de l’édition adaptée, auprès des publics, libraires & bibliothèques, grâce à stand au salon du livre de Paris par exemple

Catalogue collectif de l’édition adaptée : braille, gros caractères & sonores adaptés notamment

Développement des nouveaux formats pour accès à culture et information

Information et sensibilisation des personnels de bibliothèques

Rédaction de décrets d’application pour adapter la loi sur les droits d’auteur pour les personnes handicapées

 

Handicap

Définition (1980 OMS)

= désavantage social qui résulte d’une déficience ou d’une incapacité. Peut aussi être temporaire (accident, par exemple jambe dans le plâtre). Remarque : dans milieu adapté, la personne pourrait donc avoir une vie normale. Les aménagements bénéficient en fait à toute la population, cf confort d’usage pour tous.

 

Quelques chiffres (1998 INSEE)

22,5 millions de la population déclarent une gêne dans la vie quotidienne

5 millions reçoivent aide quotidienne par tierce personne

36000 sont placées en institution

8 millions d’handicapés moteur

 

Points communs

difficultés pour accéder aux bâtiments, aux livres trop hauts ou trop bas, difficultés pour consulter l’informatique

Informations et signalétique sont à adapter (y compris et surtout les mesures de sécurité)

Multimédia très utile car s’adapte au handicap de chacun

 

3,1 millions de déficients visuels

dont 60000 aveugles mais seulement 15000 connaissent le braille : 2/3 ont plus de 60 ans et la perte de vue est venue avec l’âge

dont 1,5 à 3 millions de personnes ayant des restes de vision mais un champ visuel limité, avec parfois éblouissements ou daltonisme (donc signalétique à travailler !)

 

4 millions de personnes ont handicap auditif

120000 sourds profonds dont 80 à 100000 personnes maîtrisent la Langue française des signes (LSF),

1 naissance sur mille

80% sont devenus sourds donc bonne maîtrise du français mais pas de pratique LSF ni de lecture labiale.

 

Handicap mental et/ou psychique

6% de la population

mental souvent avec troubles liés (problème de coordination)

psychiques peuvent être temporaires

Problème de repérage donc accompagnement humain fondamental

 

Points communs

difficultés pour accéder aux bâtiments, aux livres trop hauts ou trop bas, difficultés pour consulter l’informatique

informations et signalétique sont à adapter (y compris et surtout les mesures de sécurité)

multimédia très utile car s’adapte au handicap de chacun

 

Comment rendre la bibliothèque accessible ?

Loi du 11 février 2005 est inspirée par la définition de 1980 d’où « conception universelle » des bâtiments nécessaire

Le Ministère de la Culture a mis en place une commission Culture et Handicap avec une charte d’accueil à consulter sur le site du ministère : il faut développer des solutions générales car les solutions particulières s’avèrent coûteuses et limitées à une frange de la population. La démarche est bien sûr plus facile dans un projet de construction et un grand établissement

 

Principes

Confort à rechercher pour tous

Services spécifiques pour personnes handicapées, en groupe ou accompagnement personnalisé

En dernier ressort, faire à la place de l’usager, même si c’est contraire au principe d’autonomie

 

Accessibilité aux bâtiments

Accès au bâtiment : transports en commun à proximité et accessibles, places de stationnement spécifiques, facilité de cheminement hors et dans le bâtiment, sécurité incendie, endroits pour se reposer, banque d’accueil accessible aux personnes en fauteuil, sanitaires adaptés, tous services de bibliothèque accessibles

Espace spécifique : salles, loges ou cabines dédiées, à un fonds ou un équipement (téléagrandisseur par exemple)

 

Accessibilité des collections

En fonction des publics identifiés localement, grâce au lien avec les associations 

Livres en braille, en gros caractères, numériques (format DAISY avec navigabilité maximale), sonores

Livres en LSF, en français facile ou bilingue français LSF

Offre signalée dans catalogue

Adaptation avec loupes, machines à lire, télé-agrandisseurs

Animations adaptées ou spécifiques

Exemple : expositions, heures du conte avec interprètes LSF

 

Communication adaptée indispensable, sinon le public handicapé ne viendra pas !

Obligatoire : site internet accessible

Communication auprès des associations locales, des institutions d’accueil et de la presse spécialisée

Documents d’informations et signalétique adaptés : guide du lecteur, plan en relief et braille, règlement de prêt, programme des animations,…

 

Fonctionnement général de bibliothèque

Accessibilité à inscrire dès la conception du projet de la bibliothèque

Référent handicap à prévoir pour suivi thématique et veille documentaire & législative

Formation de l’ensemble du personnel à l’accueil et aux besoins spécifiques des personnes handicapées, selon leur handicap

Recruter des personnes handicapées, notamment pour la surdité car maîtrise de la LSF

Partenariat avec associations et institutions indispensable pour valider la conformité des projets

Tarifs spécifiques ou gratuité à mettre en place et communiquer autour !

 

Pour aller plus loin

Site internet du réseau Alphabib (BPI et bibliothécaires qui réfléchissent sur le sujet)

Médiathèmes Handicap et bibliothèque publié par ABF

Guide pratique d’accessibilité des établissements culturels par le ministère

Bulletin des Bibliothèques de France : dernier numéro

 

Interventions dans salle

A.-M. BOCK : hétérogénéité des situations ; enjeu de formation des équipes ; diversité des approches, parfois très concrètes. Quel accompagnement du ministère ? quelles subventions possibles ?

Camille DEGEZ : Obligation de mise en conformité des bâtiments, aides possibles dans cadre de DGD (% à voir avec DRAC), aides individuelles par la MDPH (= « Maison Départementale des Personnes Handicapées » pour favoriser l’accessibilité dans les lieux privés de la personne : reconnaissance de situation de handicaps, droit à prestations spécifiques, guichet unique et plateforme d’orientation vers partenaires)

AM BOCK : projet d’un établissement culturel  a priori peu adapté aux handicapés : « Un château pour tous » au Haut-Koenigsbourg

AGEFIPH : subventions possibles pour un an pour faciliter l’accessibilité professionnelle (aménagement des postes de travail par exemple)

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Mardi 17 novembre 2009

Dominique GRENTZINGER

Directeur de la Bibliothèque de la Ville de Colmar

Défi d’accueillir des handicapés en bibliothèque : journées d’étude et groupes de travail à mettre en place pour être prêts

Habitude et succès de la bibliothèque de Colmar dans sa volonté d’avoir des personnels handicapés, avec parfois adaptations nécessaires des postes de travail et des locaux

 

Danielle TAESCH

Présidente de l’ABF Alsace

La thématique de la journée vient d’une suggestion d’une adhérente lors de l’AG 2009, preuve de la réactivité du bureau

Heureuse que le relais soit pris au niveau de l’association

 

Anne-Marie BOCK

Directrice de la Bibliothèque Départementale du Bas-Rhin

Alsace : estimation 36000 personnes en situation de handicap(s)

Défi d’accueillir les publics & collègues handicapés, d’adapter les bâtiments

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Mardi 17 novembre 2009
Cette journée était organisée en partenariat avec le Salon du livre de Colmar

 

Handicap physique, visible ou invisible… Enfants autistes, handicap lié à l’âge… Bâtiments trop peu accessibles, « angoisse » du bibliothécaire face au handicap invisible, nouveaux outils technologiques, la question de l’accueil de la personne handicapée en bibliothèque est … tentaculaire.

Cette journée se veut un jalon, une sensibilisation à la question de la place de la personne handicapée dans les bibliothèques, tant du point de vue du public que des collègues qui intègrent les équipes de bibliothécaires volontaires ou salariés.

Le but n’est pas d’apporter une connaissance approfondie sur les différents types de handicaps.

Nous tenterons de contourner le risque d’un « catalogue théorique » pour privilégier les expériences concrètes et laisser une large place à la vision et au témoignage de partenaires existants ou futurs en Région Alsace.

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