Jean-Luc PICARD
Service d’Insertion en Milieu Ordinaire de Travail (SIMOT Route Nouvelle Alsace)
« Frémissement » pour l’insertion des personnes handicapées dans les fonctions publiques (4,2% avec 195000 personnes), cf article dans Gazette des communes du 5/11/2009
Le SIMOT accompagne les projets de personnes en situation de handicaps psychiques, sans déficience intellectuelle, souvent tombées malades au début de l’âge adulte ou à la fin de l’adolescence, donc diplômées. Leurs difficultés fréquentes pour reprendre une activité dans leur secteur d’origine après la thérapie les amènent à travailler dans milieu culturel (cf bagage intellectuel au départ).
200 personnes sont accompagnées dans le Bas-Rhin.
Difficulté principale : handicap psychique invisible ! Or désavantage avéré (cf définition du handicap OMS) : le contexte social crée le préjudice, cf manque d’équipements & relations interpersonnelles difficiles.
Volonté d’intégrer et non d’insérer (= inciser pour forcer à faire entrer !) la personne dans une équipe : démarche nécessaire pour que la personne participe à l’ensemble des activités de la bibliothèque ; une nouvelle organisation peut être à trouver (question de management)
Les représentations du handicap évoluent : les personnes étaient abandonnées dans la Grèce antique car perçues comme signe de la colère des dieux ; peur de contagion & diabolisation au Moyen Age ; situation paradoxale aujourd’hui : entre vision des personnes handicapées donc fragiles et vision des personnes handicapées donc dangereuses (d’où exclusion). La personne handicapée est souvent décrite comme « différente », faisant des choses « en moins » d’où relation interpersonnelle d’égalité perturbée
La population classe parfois les handicapés selon ceux qui assument ou non leur handicap, en fonction des efforts faits pour être agréables et s’intégrer. De plus, la société actuelle prône jeunisme, réactivité,…
La bonne volonté ne suffit pas pour bien se positionner envers la personne : un manque d’empathie peut couper la communication avec des personnes handicapées psychiques
Outil proposé : la boîte à craintes utilisée avant les départs en stage. Chacun écrit de manière anonyme ses craintes sur des papiers et les dépose dans une boîte à chaussures ; puis la boîte est ouverte et les craintes sont expliquées et désamorcées
Remarque : la même démarche pourrait être faite auprès de l’équipe qui va accueillir le stagiaire
Craintes des recruteurs : réaction de l’équipe, risques d’absentéisme de la personne, limites de ses fonctions, aménagements du poste de travail à réaliser (exemple : organisation de journée tenant compte des effets des médicaments, congés réguliers pour éviter l’accumulation de fatigue … et les congés maladie), équipe à informer ou non, réactions du public, évolution de son état de santé ? En fait, on retrouve les mêmes questions que pour tout agent, cf arrêt maladie par exemple
Crainte de l’équipe : aide à apporter sans vexer la personne, parler du handicap ou non, travail personnel retardé et conséquences, usagers à prévenir ou non, quelle répercussion sur l’ambiance de l’équipe, …
Place des collègues dans l’intégration : la personne en situation de handicap connue ou non par les collègues. En effet la reconnaissance officielle de travailleur handicapé permet accès aux droits, notamment à l’emploi, mais il n’est pas obligatoire de la mentionner pour accéder à l’emploi (frein à l’embauche souvent observé).
Travail avec une entreprise : possibilité d’avoir recours à des associations médiatrices type SIMOT pour faciliter l’intégration de la personne handicapée, en mettant par exemple en place un collègue tuteur au sein de l’entreprise. Le dispositif évoluera selon les besoins de l’entreprise et du salarié. L’intervention peut ne pas être connue sur le lieu de travail.
Interventions dans salle
Q : Question d’honnêteté (ou non) de dire son handicap à direction et/ou équipe?
R : Question de respect ? chacun fait ce qu’il veut de la reconnaissance de handicap
I : Respect de vie privée de la personne ?
AM BOCK : boîte à craintes à activer + « nous sommes tous d’égale dignité » (Jean-Luc PICARD)
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